Colloque “LA PARENTALITE”- vendredi 28 novembre 2008
MICADO participe, depuis plus d'un an déjà, aux réunions de travail de relance du REAAP (Réseau d'Ecoute, d'Appui et d'Accompagnement des Parents) départemental.
Le Colloque “La Parentalité” (cette fois adressé aux profesionnels et aux bénévoles) qui va se tenir, le vendredi 28 novembre 2008, à l'ENSI de Bourges, est l'occasion de “dire” combien le “jeu” est essentiel pour tous dans notre parcours de vie.
C'est avec plaisir que nous avons accepté de participer à l'Atelier dont le sujet sera… le jeu, évidemment! L'intitulé exact est: «Enfants, Parents en jeu».
En préambule à cette rencontre, je vous propose de trouvez ci-après, un texte de Jean EPSTEIN, préfaçant le livre de Pascal DERU, « Le Jeu vous va si bien! ». Bonne lecture et… au 28 (pour ceux qui le pourront)!
« Justifier, expliquer, argumenter l’importance du jeu dans le quotidien des enfants, quel que soit leur âge, et à fortiori dans celui des adultes, reste encore de nos jours bien difficile!
Trop souvent, les parents, les professionnels de l’éducation (au sens large), sont coincés, oppressés, piégés par des principes tels que:
- l’avenir d’un enfant est déterminé par le fait qu’il apprenne le plus tôt possible un maximum de choses! (N’entend-on pas dire, parfois, que «tout se joue avant 3 ans»!?!)
- les activités du jeu doivent donner des résultats cognitifs évaluables, mesurables, rentables et de préférence en rapport avec l’âge présumé du loupiot (c’est marqué sur la boîte!)
- le «bon jeu» est essentiellement le jouet dit «éducatif», d’où le surconsommation de ce type d’outils, vivement encouragée par les fabricants, les commerçants et les médias!
- le jeu, c’est surtout l’affaire des petits, ce n’est pas vraiment sérieux! Lorsque l’enfant grandit, il doit avant tout travailler (en classe, à la maison, et même pendant les congés scolaires grâce aux «devoirs de vacances»!)
Quant à l’adulte qui aimerait jouer, à la lumière de ce qui vient d’être dit, ce n’est même pas la peine d’en parler! Il est à la limite de la fainéantise et de l’immaturité!
… J’oublie volontairement dans cette énumération de multiples arguments du même tonneau qui, trop souvent, aboutissent à enfermer le jeu dans une image superficielle et subalterne: on joue quand on n’a plus rien d’important à faire!
En tant que Psychosociologue, je travaille depuis une trentaine d’années, dans le champ de la recherche, sur une question unique aux innombrables facettes: celle des moyens nécessaires à chaque enfant (mais jusqu’à quel âge??) pour construire ses repères, et ceci selon trois axes:
- construction des repères individuels: par l’affirmation, l’accompagnement et la valorisation de ses propres capacités et pôles d’intérêt;
- construction des repères sociaux: en apprenant à accepter le frustration, le fait de mettre en commun, de respecter des règles, des lois, de tolérer des limites, des contraintes…
- construction des repères familiaux: en trouvant sa juste place au sein de la famille, en partageant des temps sociaux, au jour le jour (manger ensemble, écouter des histoires, participer à des conversations, voyager, aller se promener, jouer de mille et une manières…).
Or, dans tous ces domaines, je croise en permanence la route du jeu, sous de multiples formes! Parce que le jeu est langage, parce que le jeu est VIE! Chacun joue ses joie, ses peines, ses peurs…! En jouant, chacun élabore et confirme ses compétences! On ne joue pas pour apprendre, mais on apprend par ce que l’on joue!
Cela concerne l’enfant, bien sûr, mais pour l’adulte, en va-t-il autrement? Certes, non!
A travers le jeu, l’adulte s’autorise à donner droit de séjour à la part d’enfance qu’il a, heureusement, conservée au fond de lui et qui contribue fortement à le rendre humain!
Grâce au jeu, il contribue à grandir, à élargir le domaine du possible, à affirmer ses goûts, ses plaisirs, à apprivoiser le temps libre, à communiquer avec d’autres, à transmettre des valeurs, à accepter de perdre, mais aussi se sentir capable de gagner, à offrir, à créer, à afficher ses émotions, à coopérer…!
Cependant, comble de paradoxe, malgré de telles évidences, face à l’esprit de compétition qui nous envahit, à la course contre la montre dans laquelle chacun se trouve entraîné, défendre la cause du jeu, notamment pour ce qui concerne les adultes, est plus que jamais une gageure et un combat!
Pour le mener, les troupes sont moins nombreuses que l’on pourrait le souhaiter!





Le Colloque “La Parentalité” (cette fois adressé aux profesionnels et aux bénévoles) qui va se tenir, le vendredi 28 novembre 2008, à l'ENSI de Bourges, est l'occasion de “dire” combien le “jeu” est essentiel pour tous dans notre parcours de vie.
C'est avec plaisir que nous avons accepté de participer à l'Atelier dont le sujet sera… le jeu, évidemment! L'intitulé exact est: «Enfants, Parents en jeu».
En préambule à cette rencontre, je vous propose de trouvez ci-après, un texte de Jean EPSTEIN, préfaçant le livre de Pascal DERU, « Le Jeu vous va si bien! ». Bonne lecture et… au 28 (pour ceux qui le pourront)!
« Justifier, expliquer, argumenter l’importance du jeu dans le quotidien des enfants, quel que soit leur âge, et à fortiori dans celui des adultes, reste encore de nos jours bien difficile!
Trop souvent, les parents, les professionnels de l’éducation (au sens large), sont coincés, oppressés, piégés par des principes tels que:
- l’avenir d’un enfant est déterminé par le fait qu’il apprenne le plus tôt possible un maximum de choses! (N’entend-on pas dire, parfois, que «tout se joue avant 3 ans»!?!)
- les activités du jeu doivent donner des résultats cognitifs évaluables, mesurables, rentables et de préférence en rapport avec l’âge présumé du loupiot (c’est marqué sur la boîte!)
- le «bon jeu» est essentiellement le jouet dit «éducatif», d’où le surconsommation de ce type d’outils, vivement encouragée par les fabricants, les commerçants et les médias!
- le jeu, c’est surtout l’affaire des petits, ce n’est pas vraiment sérieux! Lorsque l’enfant grandit, il doit avant tout travailler (en classe, à la maison, et même pendant les congés scolaires grâce aux «devoirs de vacances»!)
Quant à l’adulte qui aimerait jouer, à la lumière de ce qui vient d’être dit, ce n’est même pas la peine d’en parler! Il est à la limite de la fainéantise et de l’immaturité!
… J’oublie volontairement dans cette énumération de multiples arguments du même tonneau qui, trop souvent, aboutissent à enfermer le jeu dans une image superficielle et subalterne: on joue quand on n’a plus rien d’important à faire!
En tant que Psychosociologue, je travaille depuis une trentaine d’années, dans le champ de la recherche, sur une question unique aux innombrables facettes: celle des moyens nécessaires à chaque enfant (mais jusqu’à quel âge??) pour construire ses repères, et ceci selon trois axes:
- construction des repères individuels: par l’affirmation, l’accompagnement et la valorisation de ses propres capacités et pôles d’intérêt;
- construction des repères sociaux: en apprenant à accepter le frustration, le fait de mettre en commun, de respecter des règles, des lois, de tolérer des limites, des contraintes…
- construction des repères familiaux: en trouvant sa juste place au sein de la famille, en partageant des temps sociaux, au jour le jour (manger ensemble, écouter des histoires, participer à des conversations, voyager, aller se promener, jouer de mille et une manières…).
Or, dans tous ces domaines, je croise en permanence la route du jeu, sous de multiples formes! Parce que le jeu est langage, parce que le jeu est VIE! Chacun joue ses joie, ses peines, ses peurs…! En jouant, chacun élabore et confirme ses compétences! On ne joue pas pour apprendre, mais on apprend par ce que l’on joue!
Cela concerne l’enfant, bien sûr, mais pour l’adulte, en va-t-il autrement? Certes, non!
A travers le jeu, l’adulte s’autorise à donner droit de séjour à la part d’enfance qu’il a, heureusement, conservée au fond de lui et qui contribue fortement à le rendre humain!
Grâce au jeu, il contribue à grandir, à élargir le domaine du possible, à affirmer ses goûts, ses plaisirs, à apprivoiser le temps libre, à communiquer avec d’autres, à transmettre des valeurs, à accepter de perdre, mais aussi se sentir capable de gagner, à offrir, à créer, à afficher ses émotions, à coopérer…!
Cependant, comble de paradoxe, malgré de telles évidences, face à l’esprit de compétition qui nous envahit, à la course contre la montre dans laquelle chacun se trouve entraîné, défendre la cause du jeu, notamment pour ce qui concerne les adultes, est plus que jamais une gageure et un combat!
Pour le mener, les troupes sont moins nombreuses que l’on pourrait le souhaiter!





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